Le cerveau nu
Marketers, publicitaires et gouvernements ont recours à des méthodes de plus en plus sophistiquées pour décortiquer nos désirs. Nos décisions d’achat, notre style de vie et même nos préférences politiques sont plus que jamais influencés d’une manière à peine perceptible. Études comportementales qui vous traquent en temps réel, imagerie médicale sensée isoler les facteurs déclencheurs d’achat : la boite à outil des nouveaux influenceurs se veut plus scientifique que jamais.
En fusionnant des données sur ce que vous regardez à la télé et sur le web, sur vos achats et même vos déplacements physiques ou même l’expression de votre visage, ils espèrent comprendre vos préférences à un niveau sans précédent. Lucid Systems promet à ses clients les vérités de l’inconscient : “les données scientifiques nous aident à découvrir non pas ce que les gens disent, mais ce qu’ils ressentent à propos de vos messages marketing, publicitaires, de vos marques et de vos produits” Téléchargez ici les techniques de mesure de Lucid Systems.
La quête graalistique du bouton “achat” dans le cerveau du consommateur n’a rien de nouveau : il y a 50 ans déjà le journaliste Vance Packard levait les red flags de la manipulation dans son livre The Hidden Persuaders. Selon lui “des insights glanés en utilisant la psychiatrie et les sciences sociales (…) confisquent la liberté de choix”. Le scotch Dewar précède à des séances d’hypnose collective pour remonter aux premiers souvenirs de boisson tandis que DaimlerChrysler utilise l’imagerie cérébrale pour savoir quel design émeut ses chers conducteurs.
Bien que les scientifiques dédaignent le neuromarketing qu’ils considèrent comme un vaste charlatanisme, DreamWorks et Ford continuent à utiliser scanners et électro encéphalographie pour s’immerger dans le cerveau des consommateurs.

Activation de zones du cerveau d'un électeur américain, selon qu'il regarde une publicité pour son favori ou pour le candidat du camp adverse.
Data parano
Pour les marketers pister les données personnelles permet le controversé behavioural targeting, ces pubs ultra ciblées délivrées par les empereurs du data comme Google et Phorm qui promet un “ciblage anonyme” avec sa norme OIX . Pour savoir comment Phorm fonctionne c’est ici.
Prêts pour un réveil difficile ? Votre télécommande, vos recherches sur internet, vos cartes de fidélité, vos mails, l’enregistrement de vos mouvements par des caméras reconnaissant les visages, le mapping des téléphones portables : même si vous êtes un data résistant, comment savoir que toutes ces informations ne seront pas utilisées par votre mutuelle ou … votre futur employeur ? Surtout que l’intime a sérieusement régréssé avec les réseaux sociaux et nous ne sommes pas les derniers à donner des infos personnelles. Paranoïa ?
Sense Networks, basée à San Francisco “tracke et mappe” les téléphones portables pour analyser le comportement en temps réel de différentes tribus urbaines. Bien sûr les données sont anonymes, du moins c’est ce qu’il faut croire. La rapidité de la technologie semble sans cesse devancer la possibilité d’une application réelle des lois sur la protection des données personnelles. Comment les informations sont-elles sécurisées dans chacun de ces systèmes ? Entre ces systèmes ? L’État peut-il accéder à ces bases de données ? N’oublions jamais que des données collectées de façon anodines peuvent servir des desseins plus pernicieux.

Citysense, toujours de Sense Networks outil de tracking de la vie nocture répond à la question "Où est-ce que les gens vont, maintenant ?"























